Argentique ou numérique ?

Mes images sont numériques.

La technique actuelle de la photographie permet un travail assez pointu de l'image. Il faut savoir que l'image qui sort de l'appareil photo, qu'elle soit une superbe diapositive ou un fichier numérique, devra toujours passer par la moulinette de la retouche pour être bien restituée en impression. La retouche n'est pas de la triche, elle est le passage obligatoire entre ce que l'appareil a pris, avec ses contraintes techniques et le tirage final avec ses contraintes à lui.

Je m'explique mieux : même avec ce qu'on appelle la photo argentique on est obligés à faire de la retouche : des masques et contre-masques, pour corriger des zones trop foncés ou claires de l'image. Ce travail sert pour adapter le gamma, le contraste de l'image d'origine, avec celui du papier choisi. Ce papier, si on parle d'images à couleur, a ses caractéristiques chromatiques d'origine, une dominante rose ou verte, par exemple, qu'il faut corriger avec un filtrage de base recommandé par le producteur même du papier. La diapositive ou le négatif peuvent aussi avoir une dominante à corriger, qui peut venir des ultraviolets ou à un mur rose trop près du sujet. Avec tous ces artifices et autres encore, il faut faire de nombreux tests pour bien doser tous les ingrédients. En pratique des heures et des heures de travail au noir complet (je parle ici de tirages couleur) sont nécessaires pour sortir quelques images de qualité, que l'on puisse répéter. Parfois, il faut le dire, à la fin on se contente.

Avec l'arrivée de l'ordinateur tout est devenu plus immédiat. Je peux chercher la sensation de ce que j'ai vu, dès que je rentre chez moi. Pendant que je retouche mon image à l'écran, avec à peu près les mêmes outiles que à la chambre noire mais à la réponse instantanée, je reste dans l'atmosphère qui m'a enchanté, pour la transmettre aux autres. Le résultat sera, à la fin, très proche de ce qui m'a touché, de ce qui m'a fait prendre le cliché.

Certains puristes ne sont pas encore convaincus, la seule question est de bien définir ce qu'on recherche. Si le but est l'impression d'un livre il faudra en tous cas numériser la diapositive et la calibrer avec les données de l'imprimerie. Si on veut sortir des tirages de qualité, il faut savoir que le choix des papiers pour imprimantes est aujourd'hui riche, avec des vrais papiers d'art aux belles surfaces, adaptés aux nouvelles techniques. En plus, les pigments des imprimantes de qualité sont si purs, si beaux et si stables dans le temps, que parfois il serait plus rentable de scanner l'image pour la passer en numérique. Là il faut considérer que dans le passage de l'analogique (l'argentique) au digitale (le numérique), avec un scanner, on risque de perdre quelque chose, comme dans toute réproduction, ou, pour être plus précis, on change quelque chose.

 

La transformation de l'image

Un discours différent est quand on décide d'utiliser ou de transformer des parties d'images pour en créer une nouvelle qui n'a rien à voir avec la réalité mais qui est le fruit de la créativité de son auteur.

Ici nous sommes devant à une forme d'image différente qui s'apparente à ce qu'on appellait le photomontage et que aujourd'hui se nomme création numérique. Donc l'histoire se répète mais, grâce à la puissance des ordinateurs d'aujourd'hui et aux logiciels de plus en plus perfomants les potentialités augmentent de façon exponentielle où la seule limite, comme je disais, est la créativité de l'auteur.

gui.a@orange.fr

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